L’obésité : un phénomène croissant ! - A quoi est due l’augmentation de l’obésité en France ?

Mercredi 13 octobre 2004, par Vincent // L’obésité

Introduction

Dans ce T.P.E. nous allons nous intéresser à la constante augmentation de l’obésité en France seulement. Nous avons choisi ce sujet car c’est un problème d’actualité qui touche de nombreux pays et qui se développe de plus en plus en France. En effet, des études statistiques ont été réalisées et démontre qu’en 2000, on dénombre quatre millions deux cents mille obèses soit une augmentation de 17% depuis 1997 ; la population française a grossi en moyenne de 0,8kg pendant 3 ans. La France compte ainsi un peu plus de 17 millions de personnes obèses ou en surpoids selon l’étude statistique amené par la SOFRES et l’INSEE.

1°Qu’est ce que l’obésité ?

Les spécialistes définissent l’obésité comme un excès pondéral du à l’accumulation de tissus adipeux. Diverses méthodes sont utilisées pour déterminer la masse du tissu adipeux. Dans la pratique cependant, les méthodes instrumentales se révèlent inadéquates ; le calcul de l’indice de masse corporelle (IMC) est donc la méthode généralement utilisée. On calcule l’IMC à partir du poids corporel et de la taille selon la formule suivante : IMC = Poids en kilo/(Taille en mètre)²

Exemple : Une femme mesurant 1,70m et pesant 90kg a un IMC de 90/(1,7)² = 31,1

Grâce à l’IMC, on peut évaluer le poids corporel et un éventuel risque pour la santé en analysant le tableau suivant :

Les résultats de diverses études internationales indiquent que l’obésité est de plus en plus fréquente. L’obésité est devenue un problème de santé publique majeur, encore plus important que la malnutrition et les maladies infectieuses. En fait, l’obésité est complexe car résultante de facteurs génétiques, métaboliques, psychologiques et comportementaux.

2°Les différents facteurs favorisant l’obésité.

La genèse de l’obésité est un phénomène complexe. En effet, chaque personne est différente face a tous les facteurs favorisants l’obésité. Voici un exemple précis : la célèbre expérience de Sims chez des prisonniers est édifiante ; soumis à une diète hypercalorique de plus de 10000 calories par jour (contre une alimentation normale qui est d’environ de 2200 calories par jour), seuls certains obtiennent une prise de poids significative (plus de 6kg), ceux la même qui avaient des antécédents familiaux d’obésité, ce qui est un facteur favorisant. On peut toutefois grouper les principaux facteurs déclenchants de l’obésité :

- Les facteurs alimentaires : Ils interviennent à 3 niveaux :

- L’excès d’apport (le quantitatif) : Il est certain que le nombre moyen de calories ingérées chaque jour est à apprécier selon l’activité de la personne. Le sédentaire n’a pas les mêmes besoins que le travailleur de force, on le comprend aisément. Un apport calorique excessif par rapport aux besoins entraîne donc à la longue une prise de poids significative.

- L’excès d’apport (le qualitatif) : Ce sont surtout les lipides (graisses) qui jouent un rôle majeur dans l’apparition d’un déséquilibre. C’est aussi la consommation excessive de glucides dits rapides comme les boissons sucrées, les chocolats etc... qui est néfaste. En effet, ces sucres seront stockés sous forme de graisse s’ils ne sont pas immédiatement dépensés.

- Les troubles de la prise et du comportement alimentaires : C’est la déstructuration des rythmes des repas, qui caractérisent les modes de vie actuels en Europe, et de manière générale une mauvaise hygiène de vie, incompatible avec une alimentation régulière.

- Les facteurs liés à la dépense énergétique :

Il s’agit de la sédentarité au sens large, et du passage d’une activité physique importante à la sédentarité.

- Les facteurs génétiques :

Il existe de manière certaine une prédisposition génétique (liée à de multiples gènes et non à un seul), qui rend un individu donné, ou une famille d’individus donnée, plus exposés à l’obésité dans un contexte d’environnement donné.

- Les facteurs psychologiques :

Il n’y pas de profil psychologique type de l’obèse c’est-à-dire qu’il n’y a pas de trait de caractère ou d’anomalie du psychisme qui prédispose de manière formelle à l’obésité. A l’inverse, la survenue de certains états psychologique comme la dépression ou le stress peuvent influer sur la prise de poids. De même, les choses sont rendues plus compliquées par le fait que l’obésité en elle-même contribue à développer certains traits psychologiques anormaux, que l’on pourrait prendre à tort comme une cause de l’obésité.

- Les facteurs sociaux et culturels :

Il y a un siècle, l’obésité était plutôt synonyme de richesse ou de prospérité. D e nos jours, c’est un peu l’inverse car les gens aisés « prennent soin de leur corps ». Dans tous les pays occidentaux, on observe une relation entre la pauvreté et l’obésité. Ceci peut être expliquer par des mauvaises habitudes alimentaires et une inégalité d’accès aux soins.

- Enfin, les facteurs moindres qui sont inférieurs à 1% dans la responsabilité de l’obésité :

- La pilule : Pour les femmes et les jeunes filles, la pilule peut faire prendre du poids si elle est trop dosée.
- La cigarette : Aussi, les personnes qui arrêtent de fumer se « rattrapent » en mangeant et prennent donc facilement du poids.

3° L’influence des différents facteurs expliquant l’augmentation du nombre d’obèses.

- Facteurs alimentaires, dépense énergétique et évolution des modes de vie :

C’est dans l’évolution des comportements et des modes de vies en particulier de l’alimentation, qu’il faut chercher les causes fondamentales de l’épidémie d’obésité.

C’est vrai que la propagation de cette épidémie reflète les transformations rapides qui ont affectées les sociétés et les comportements au cours des 20 et 30 dernières années : la technologie est de plus en plus répandue avec une mécanisation croissante (véhicules à moteurs, escaliers mécaniques, outils électriques aidant pour toutes les activités quotidiennes). Cette technologie favorise donc la réduction des dépenses d’énergies .

Aussi, on remarque une multiplication des restaurants fast-food et des points de ventes des boissons sucrées, a haute valeur énergétique. Le choix du consommateur est rendu complexe par l’abondance de l’offre, des différentes publicités sur les aliments et les valeurs supposées de tels ou tels aliments.

On remarque aussi que les horaires des repas ont beaucoup changés :

- le petit déjeuner est souvent « bâclé » ou inexistant

- le repas de midi est pris a toute vitesse : sandwich...

- le repas du soir est le seul moment ou on se retrouve en famille pour un « bon souper » qui en fait le seul « vrai repas » ou on prend le temps de manger.

Et c’est au repas du soir que l’on se rattrape de ne pas avoir beaucoup mangé aux autres repas ce qui n’est pas bon du tout car le repas du soir doit être en fait, le plus léger de la journée. Les grignotages fréquents, notamment devant la télé, ou l ordinateur ou les jeux vidéos, se sont beaucoup développés durant les dernières années. Mais on observe outre le changement des horaires des repas, une modification de l’alimentation des français.

La consommation de produits céréaliens, de légumes secs et de féculents (surtout de pomme de terre) a considérablement chuté depuis le début des années 50. Ces dernières années , la consommation de viandes et de laits sont en recul. En revanche, on observe une augmentation dans la consommation de produits sucrés notamment sous la forme de boissons, de crèmes desserts ou le choix augmente également. Les fruits et les légumes semblent être également moins consommés.

-Les conséquences de la modification de l alimentation :

- la baisse de la part des glucides complexes et l augmentation de la part des glucides simples (saccharoses) « Les glucides simples ne fournissant pas une énergie aussi importante que les glucides complexes.

- l’augmentation de la part des lipides notamment cachés et saturés. Ceci est plus dur a perdre.

- réduction de la concentration en vitamines et minéraux par unité d’énergie.

Actuellement l’apport en nutriment de la ration moyenne des français est éloigné des recommandations des nutritionnistes. Les apports en glucides sont inférieurs aux recommandations, ils sont en particulier faibles en amidons et fibres indigestibles. Et les apports moyens en lipides sont très importants et sont caractérises par un excès de graisse saturées. Il faut retenir l’importance de l’insuline, qui est une hormone de stockage des graisses : elle stimule les sucres pour les transformer en graisses.

Les enfants sont nourris au sucres et « engraissés » très jeune, nous a dit la nutritionniste Mme Michèle Dupré ce qui augmente leur prédisposition a être obèse. Et dans les familles de personnes obèses, la façon de manger est inculquée aux enfants qui prennent alors de mauvaises habitudes alimentaires. Pour les adeptes du Mac Donald, il faut savoir qu un repas dans ce fast-food (1 hamburger, 1 portion de frites, 1 soda et une glace) correspond aux calories d une journée entière. Encore une fois, les jeunes sont attirés par ce genre de fast-food car un espace jeux est disponible.

La glycémie et l’obésité : Nous sommes allés voir une endocrinologue, Claudie Vettilar qui nous a expliqué le rôle de la glycémie dans l obésité. La glycémie est la concentration en glucose dans le sang. Elle est voisine de 1g/L. Les organes effecteurs de la régulation de la glycémie sont le foie, les muscles et le tissu adipeux. Tous ces organes stockent le glucose sous forme de glycogène dans le foie et les muscles et sous formes de lipides (triglycérides) dans le tissu adipeux. Le glycogène est un polymère du glucose.

Mais le véritable organe régulateur de la glycémie est le foie, car il peut restituer le glucose dans le sang pendant les périodes de jeune. Pour que le taux de glucose dans le sang soit constant, le foie possède un équipement enzymatique très complet, il est ainsi capable d’intervenir en cas d’hypoglycémie grâce a l’insuline et en cas d’hyperglycémie grâce au glucagon. Après un repas, le taux de sucre sanguin s’élève, entraînant la sécrétion par le pancréas d’insuline, une hormone clé dans la régulation du poids. Un taux d’insuline élevé donne le signal aux adipocytes qui se gorgent de graisse.

- Facteur génétique :

L’obésité implique de multiples gènes. Intervenant dans la régulation de l’appétit ou du métabolisme, le rôle des hormones est déterminant pour la stabilisation pondérale, et tout déséquilibre peut créer un terrain favorable a l’obésité. Une équipe française formée de cliniciens nutritionnistes et de généticiens a découvert une nouvelle anomalie génétique dans l’obésité portant sur le récepteur de la leptine : la leptine est l’hormone de satiété (elle réduit l’appétit), elle est sécrétée spécifiquement par le tissu adipeux qui intervient dans le contrôle de la masse grasse en modulant la prise alimentaire et la dépense d’énergie.

Les cliniciens et les généticiens ont porté leur études sur une famille présentant une obésité massive associé a des taux de leptine très élevés. La leptine est produite par le gène OB. Elle agit au niveau du cerveau en se fixant sur un récepteur spécifique : la protéine OB-R produite par le gène DB. Un taux normal de leptine réduit l’appétit et agit comme un « frein » envers la nourriture. En revanche, on a pu constater que la plupart des sujets obèses ont des taux élevés de leptine en proportion de l’augmentation de leur masse grasse, suggérant plutôt une « résistance » a l’action centrale de cette hormone , et donc une anomalie au niveau des voies de signalisations hypothalamiques de la leptine.

Un taux de leptine trop élevé a donc une action inverse et n’agit plus comme un frein sur la nourriture ; elle devient inefficace. Une équipe française dirigée par le docteur Philippe Froguel de l’Institut de biologie du C.N.R.S vient de mettre en évidence une mutation du gene récepteur de la leptine dans une famille dont trois enfants souffrent d’obesité massive (poids supérieurs à 130kg) très précoce, associée à un impubérisme un retard statural lié à une insuffisance thyroïdienne. Ces résultats montrent pour la première fois qu’un gène, comme OB, impliqué dans l’action de leptine, peut être responsable de certaines obésités de l’enfant.

De plus, ces travaux indiquent que le rôle der la leptine et de son récepteur n’est pas limité au seul contrôle du poids, puisqu’ils interviennent aussi sur la croissance, l’initiation de la puberté, et sur le métabolisme. Cette découverte permettra aussi de tester l’action de substances qui court-circuiteraient l’inefficacité de la leptine des obèses, pour agir sur les facteurs situés, dans la chaîne des éléments assurant le contrôle du poids, au delà du récepteur de la leptine. Dans certains cas rares, l’obésité est une maladie genetique quand elle est associée à un retard mental : c’est le syndrome de Prader Willi qui touche les adolescents.

- Facteurs psychologiques, sociaux et culturels :

Il n’est bien sur pas possible d’affirmer que la pauvreté prédispose à une obésité, mais on observe dans tous les pays occidentaux une relation inverse entre le niveau de revenu et l’obésité. En ce qui concerne le grignotage, il est souvent lié au stress et ce sont les femmes qui sont le plus touchées. Elles n’ont pas l’impression de beaucoup de manger en grignotant, mais à la fin de la journée, en additionnant tous les grignotages, on arrive à une quantité trop importante de calories emmagasinées, d’où une augmentation du poids. Sans dire que ce problème est directement responsable de l’épidémie d’obésité ? il est clair qu’il a sa part de responsabilité dans de nombreux cas de surpoids.

Ce dérèglement de l’organisme entraîne d’autres troubles du comportement alimentaire. Selon le Dr Zermati, vice-président du Groupe de Recherche sur l’Obésité et le Surpoids (G.R.O.S), il entraîne une perte des sensations et la personne n’est plus guidée par ses propres sensations de faim ou de satiété et n’arrive plus à réguler de manière autonome la prise d’aliment. Les femmes se caractérisant par la présence de quelques bourrelets à la taille sont plus sensibles au stress. Elles sécrètent également davantage de cortisol que les autres femmes, une hormone fabriquée par la glande surrénale. Or le cortisol n’est pas n’importe quelle hormone. Il joue un rôle important dans l’adaptation physiologique de l’organisme au stress et contribue , dans certains affections ou il est produit en excès, a induire un stockage des graisses dans l’abdomen.

Conclusion

L’ augmentation de l’obésité est donc due à la modification de notre mode de vie, en effet les médias nous poussent à consommer des produits de plus en plus riches en glucide. Les "grignotages" se multiplient surtout chez les adolescents, ceci peut s’expliquer par une augmentation du stress,et de manière générale une mauvaise hygiène de vie, incompatible avec une alimentation régulière.De plus l’évolution de la technologie engendre des facilités mais entraîne aussi une diminution de la dépense énergétique et favorise l’ implantation des graisses. L’ obésité est une maladie qui touche de plus en plus de monde et surtout de plus en plus jeunes, les enfants sont les premiers victimes de l’ obésité, ceci reste inquiétant et demande réflexion pour essayer d’ endiguer cette épidémie.

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