mardi 11 mai 2004, par
Source du document : e-llico.com
Auteur : Illico
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Des mariages entre homosexuels célébrés à Paris ? La nouvelle devrait être officiellement annonçée après les régionales. Le début d’une vraie bataille juridique et politique (24/03/2004).
Le « coup » préparé par un petit groupe de personnalités signataires du « Manifeste pour l’égalité des droits » paru dans Le Monde la semaine dernière, suite à l’agression de Sébastien Nouchet, est remis après les régionales.
Le maire Verts du 2e arrondissement de Paris, Jacques Boutault, souhaitait annoncer, hier lors d’une conférence de presse annulée in extremis, qu’il s’apprêtait à célébrer des mariages entre personnes de même sexe, sur le modèle du maire de San Francisco ces dernières semaines pour réclamer la reconnaissance légale en France du mariage homosexuel.
Les raisons du report de cette annonce font l’objet d’interprétations contradictoires. Selon Daniel Borrillo, juriste à l’origine de la pétition, l’annonce aurait été reportée « à la demande de Bertrand Delanoë », et pour une question de désaccord politique. « Alors que les Verts sont clairs sur la question, les socialistes sont plus divisés... », déclarait-t-il hier au Monde.
Christophe Girard, adjoint Verts au maire de Paris, également signataire, conteste ce point de vue : « Nous avons pris cette décision avec Jacques Boutault et Noël Mamère, qui soutient le projet, car nous ne voulions pas qu’une telle question survienne dans une semaine d’élections. Et Bertrand Delanoë ne m’a donné aucun ordre ».
L’annonce de cette initiative est donc différée d’une semaine, mais son principe n’en demeure pas moins. Célébrer en mairie un mariage entre personnes du même sexe va provoquer un débat juridique et politique inédit et fracassant.
Le Code civil français ne précise en rien que le mariage est l’union d’un homme et d’une femme. On voit donc bien comment les juristes favorables au mariage gay vont tenter de faire valoir que le principe de l’égalité des droits de notre constitution ne saurait donc interdire le mariage entre homosexuels.
La bataille sera évidemment longue et permettra au débat d’investir la société et en particulier la classe politique même si elle ne débouche sur aucune reconnaissance légale à court terme. Son issue devrait même -en toute logique- se trouver au niveau européen, à la Cour des droits de l’Homme de Strasbourg.
Sur cette question essentielle de l’égalité devant la loi entre homosexuels et hétérosexuels, les Verts vont jouer un rôle moteur au sein de la gauche. Les socialistes risquent d’afficher des positions timides ou embarrassées au moment où ils retrouvent un brin d’espoir de pouvoir à nouveau prétendre à l’alternance. Quant à la droite, elle devrait afficher une opposition farouche au mariage gay au risque de ruiner son incertain début de crédibilité sur la question des droits homos.
Ce n’est pas le moindre enjeu du débat qui va s’ouvrir que de mettre chaque sensibilité politique face à ses responsabilités sur la question de l’égalité effective des droits des gays.
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