Température moyenne à la surface de la Terre et effet de serre

Jeudi 27 janvier 2005, par Marie-Antoinette Mélières // Coût et conséquences du réchauffement climatique

La valeur de la température moyenne

Elle est obtenue en faisant la moyenne de la température sur toute la surface de la Terre (océans et continents, la surface de ces derniers étant ramenée au niveau de la mer), et sur toute l’année. On trouve alors une valeur de +15°C. On estime qu’elle est connue au dixième de degré près.

Il peut paraître aberrant de caractériser une surface aussi variée, avec de tels écart saisonniers par une température moyenne. Cela se justifie par le fait que température et énergie rayonnée sont deux notions équivalentes :

Tout objet maintenu à une certaine température, perd constamment de l’énergie sous forme de rayonnement. L’énergie rayonnée est fixée par sa température. Quant l’objet est très chaud, le rayonnement émis par sa surface devient lumineux (charbon rougeoyant vers 500°C, métal chauffé à blanc vers 1000°C...) ; quand il est à la température ordinaire le rayonnement émis est invisible à l’œil.

Dire que la surface de la Terre est à +15 °C revient à dire qu’en moyenne chaque mètre carré de la surface de la Terre “rayonne” ( c’est-à-dire “émet un rayonnement infrarouge d’une énergie de”) 390 watts, c’est-à-dire 390 joules par seconde. C’est sur cette dernière grandeur, l’énergie, que la compréhension des mécanismes climatiques se fonde, et non sur la température.

D’où vient cette énergie ?

Elle vient pour l’essentiel du Soleil : la quantité d’énergie qui provient de la chaleur interne de la Terre (flux géothermique) ne représente environ que le dix millième de l’énergie solaire. Quand à celle qui vient du reste de l’univers (rayonnement cosmique, lumière des étoiles...) elle est de l’ordre du millionième.

L’énergie solaire

L’énergie solaire arrive sous forme de rayonnement solaire. L’œil en perçoit la partie visible, ce qui représente 40% de cette énergie. Le reste se distribue dans l’infrarouge proche (50%) et dans l’ultraviolet (10%). Moyennée sur l’année et sur l’ensemble de la Terre, l’énergie solaire qui arrive est de 342 watts par m2 (terme A sur les schémas). Toute cette énergie ne “chauffe” pas la Terre, c’est-à-dire n’est pas absorbée par la Terre (atmosphère, océans, continents) . Environ 30% (c’est-à-dire 107 watts par m2, terme B) est renvoyé (ou réfléchi) dans l’espace par l’atmosphère, les océans et les continents. C’est à cause de cette lumière réfléchie que la Terre est visible de l’espace et que les planètes apparaissent brillantes la nuit dans le ciel. Il en reste donc 235 watts par m2 (terme C) qui vont “chauffer” la Terre.

La température à la surface de la Terre

La température sur la surface de la Terre (continents et océans) est le résultat d’un équilibre entre toute l’énergie qui chauffe la surface de la Terre (deux origines, on va le voir plus loin), ce qui représente 492 watts par m2 et toute l’énergie que perd cette même surface (trois origines, on va également le voir plus loin), ce qui représente également 492 watts par m2. Il est intéressant de comprendre l’origine de chacun de ces termes car un changement dans chacune de ces origine, qu’il soit naturel ou lié à l’homme, entraînera un nouvel équilibre de l’énergie, et par conséquent modifiera la température moyenne sur Terre et se répercutera sur le climat.

Par quels mécanismes la surface se refroidit-elle ?

Trois mécanismes différents interviennent pour refroidir la surface de la Terre.

- Le rayonnement infrarouge (IR) émis par la surface de la Terre (terme D)
Le fait d’être à une température donnée s’accompagne de l’émission de rayonnement. Le domaine du rayonnement (rayons X, lumière visible, infrarouge proche, infrarouge lointain, onde millimétrique etc.) est fixé par la température : la surface de la Terre qui est en moyenne à 15°C rayonne dans l’infrarouge centré à 10 micromètres (rayonnement non décelable par l’œil), alors que le rayonnement émis par la surface du Soleil, qui, elle, se trouve à une température proche de 6000 degrés, est centrée dans le visible (0,5 micromètre).

Ce rayonnement infrarouge émis par la surface de la Terre correspond à une perte d’énergie de 390 watts par m2 (terme D) : il est directement déterminé par la température de 15°C. Ce rayonnement qui quitte la surface de la Terre (océans et continents) va traverser l’atmosphère : 90% seront absorbés par cette dernière (voir plus bas), seuls 10% traverseront sans aucune interaction et quitteront directement et définitivement la planète Terre.

- L’évaporation de l’eau (terme E) - Voir le schéma du cycle de l’eau
L’eau liquide sur la Terre s’évapore constamment dans l’atmosphère et donne des nuages par condensation ; cette même quantité d’eau retourne sur la surface de la Terre par la pluie (cycle de l’eau). Il s’évapore en moyenne 3 mm d’eau par jour ce qui entraîne un refroidissement de la surface qui, exprimé en énergie, correspond à 78 watts par m2 (terme E).

- Le réchauffement de l’air par le sol (terme F)
En moyenne la surface, plus chaude que l’air, se refroidit en réchauffant ce dernier au niveau du contact air - sol : les masses d’air, réchauffées, s’élèvent et ce mécanisme donne naissance aux mouvements verticaux de l’atmosphère. En moyenne cela correspond à une perte de 24 watts par m2 (terme F).

Par quoi est assuré le chauffage de la surface de la Terre ?

Deux origines à ce chauffage :

- Le rayonnement solaire (terme H)
On a vu ci-dessus que le chauffage de la surface de la planète est assuré par l’énergie (ou rayonnement) solaire (235 watts par m2). Quand ce rayonnement traverse l’atmosphère certains constituants de l’atmosphère (principalement la vapeur d’eau et la couche d’ozone) en absorbent une partie (67 watts par m2, terme G), le restant (168 watts par m2, terme H) parvient à la surface et est entièrement absorbé par celle-ci.

- Le rayonnement infrarouge émis par l’atmosphère (terme I)
Tout comme la surface de la Terre (continents et océans) qui émet un rayonnement infrarouge fixé par sa température (voir ci-dessus), l’atmosphère émet, elle aussi, un rayonnement infrarouge. Elle l’émet d’une part vers l’espace (195 watts par m2, terme J) et d’autre part vers la surface de la Terre (324 watts par m2, terme I). Ce dernier est beaucoup plus important que la partie du rayonnement solaire absorbé par la surface (terme H, voir ci-dessus) : c’est grâce à lui que la nuit , (pas de chauffage solaire) la température reste clémente.

Quelle est la cause de ce rayonnement émis par l’atmosphère, d’où vient son énergie ?

C’est toujours la même histoire : quand un corps a une température d’équilibre (ici l’atmosphère) cela résulte du fait que l’énergie absorbée par le corps est égale à l’énergie émise, ou encore perdue, par le corps.

L’énergie rayonnée par l’atmosphère, 519 watts par m2, qui représente l’énergie totale perdue par l’atmosphère, doit être compensée par un apport égal d’énergie à l’atmosphère. Cet apport se fait sous quatre formes différentes :

- La condensation de la vapeur d’eau (78 watts par m2, terme E), dans l’atmosphère sous forme de nuages.
De même que l’évaporation refroidit le milieu (de l’énergie est “pompée” au milieu, voir plus haut), de même la condensation dégage de la chaleur et réchauffe l’atmosphère,

- Le chauffage des masses d’air à partir du sol (24 watts par m2, terme F), voir plus haut

- Le rayonnement solaire (67 watts par m2, terme G), voir plus haut

- L’absorption du rayonnement infrarouge qui est émis par la surface (terme K) : des 390 watts émis par cette dernière (voir plus haut), 90%, soit 350 watts par m2, sont absorbés par l’atmosphère. C’est cette quantité qui intervient dans l’"effet de serre".

Peu de constituants atmosphériques sont capables d’absorber ce rayonnement infrarouge. Il y en a principalement trois, les autres jouant un rôle secondaire. Ce sont :

- la vapeur d’eau, H2O,
- le dioxide de carbone, CO2,
- les nuages.

Les autres constituants, dont le rôle dans la nature est plus faible, sont l’ozone, le méthane, etc..

C’est ici qu’intervient la difficulté d’évaluer les rôles respectifs de ces différents constituants (gaz, nuages, ...) dans l’effet de serre, car ces rôle se peuvent se superposer les uns aux autres. Une manière de le faire est de considérer que l’atmosphère est remplacée par un seul de ces composés et d’estimer la quantité du rayonnement infrarouge émis par la surface qui est absorbée par lui seul. On trouve ainsi que :

- la vapeur d’eau absorbe près de 50% des 390 watts par m2 émis par la surface de la Terre. Il est intéressant de remarquer, au passage, que la quantité de vapeur représente peu de matière dans l’atmosphère (dans une colonne d’1 cm2 de base qui traverse toute l’atmosphère il y a 1000 grammes d’atmosphère -oxygène et azote- et seulement 2 grammes de vapeur d’eau ) et que pourtant son rôle est très grand.

- Le dioxide de carbone, CO2, en absorbe lui près de 25 % . Là encore, son rôle est grand alors qu’il représente une infime partie de l’atmosphère (0,5 gramme dans la colonne précédente),

- La vapeur d’eau et le CO2 absorbent de façon complémentaire le rayonnement infrarouge émis par la surface car ils agissent dans des domaines de fréquence (ou de longueur d’onde) différents : leur action s’ajoute. Mis ensemble dans l’atmosphère ils absorbent à eux deux près de 75% du rayonnement émis par la surface de la Terre.

- Les nuages, là où ils existent, (ils couvrent environ la moitié de la surface de la Terre) absorbent 100% de ce rayonnement. Agissant sur l’ensemble du domaine de fréquence, cette absorption ne s’additionne pas, mais se superpose aux deux précédentes.

Une manière d’aborder simplement ces mécanismes afin de quantifier leur rôle dans l’effet de serre est la suivante :

- La vapeur d’eau et le CO2 interviennent principalement dans le bilan d’énergie de la surface de la Terre par le mécanisme d’effet de serre (c’est-à-dire qu’ils contribuent au réchauffement de la surface à partir de l’absorption du rayonnement émis par la surface). En effet le rôle joué par la vapeur d’eau dans le refroidissement de la surface à travers le terme G reste faible. Les nuages, eux, interviennent principalement de deux façons opposées : d’une part ils réchauffent la surface par effet de serre (contribution au terme K) mais d’autre part ils la refroidissent en réfléchissant ( c’est-à-dire en renvoyant) le rayonnement solaire (contribution au terme C) et donc en l’empêchant de chauffer la surface de la Terre. Comme ces deux effets sont du même ordre, on peut en première simplification dire qu’ils se compensent, et considérer que le chauffage de la planète par effet de serre peut se résumer principalement à l’action de la vapeur d’eau et du CO2.

L’action de ces quatre mécanismes de chauffage de l’atmosphère (E, F, G, K) fait que l’atmosphère absorbe, emmagasine, à chaque seconde, 540 watts par m2. Comme elle est à l’équilibre c’est à dire que l’énergie absorbée n’est pas stockée, (sinon sa température augmenterait sans cesse) elle ré-émet toute cette énergie. Elle la ré-émet entièrement sous forme de rayonnement infrarouge : 195 watts par m2 vers l’extérieur de la planète (cette énergie sera donc rayonnée vers l’extérieur de la Terre), et 324 watts par m2 vers la surface qui sont totalement absorbés par cette dernière.

Vue d’ensemble des mécanismes de chauffage

La surface de la Terre (océans plus continents) est en équilibre : elle est chauffée en absorbant 492 watts par m2 (H + I) et elle se refroidit en perdant la même quantité d’énergie (E+F+D).

La planète Terre est à l’équilibre : elle est chauffée en absorbant 235 watts par m2 (C), elle perd la même quantité d’énergie sous forme de rayonnement infrarouge vers l’espace ( J+L).

Effet de serre

Il est relatif au mécanisme suivant : la surface de la Terre se refroidit en émettant un rayonnement infrarouge, l’atmosphère est capable d’absorber une partie de ce rayonnement, (par ses Gaz à Effet de Serre) et d’en réémettre une partie vers la surface, réchauffant donc cette dernière.

Actuellement l’effet de serre est globalement évalué de la façon suivante : la surface de la Terre perd 390 watts par m2 par rayonnement infrarouge, or l’ensemble de la planète en gagne (énergie solaire absorbée) et en perd (énergie infrarouge rayonnée vers l’espace) 235 watts par m2. A une émission de 390 watts par m2 correspond une température de +15°C, ce qui fait dire que la température moyenne à la surface de la Terre est de +15°C. A une émission de 235 watts par m2 de la Terre vers l’espace, correspond une température moyenne de -19°C. La différence représente l’action globale de l’effet de serre : 155 watts par m2 de chauffage de la surface (dont environ 100 Watts liés au rôle de la vapeur d’eau et de 50 watts à celui du CO2). Ce chauffage représente environ 30°C, il est d’origine naturelle et est essentiellement dû à la vapeur d’eau et au CO2, la vapeur d’eau introduisant un réchauffement de l’ordre de 20°C et le CO2 de 10°C.

Impact de l’activité humaine

Les scénarii économiques relatifs à l’évolution de la composition de l’atmosphère sur le siècle prochain conduisent à des prévisions très différentes selon qu’on se place dans une hypothèse basse ou haute de la consommation. Un scénario classique proposé aux scientifiques est celui qui conduit, à l’échelon de quelques décennies à une situation qui équivaut à un doublement de la quantité de CO2, tous les autres gaz à effet de serre restant constants. C’est le scénario 2 X CO2.
L’ensemble des modèles montre que cette situation conduirait à une augmentation de 4 watts par m2 de chauffage supplémentaire.Si l’ensemble des autres paramètres restait fixe, excepté bien sûr le CO2 qui aurait doublé, ce chauffage supplémentaire conduirait à une augmentation de la température moyenne d’environ 1°C. En fait, suite à ce réchauffement, les différents termes mis en jeu dans l’équilibre climatique peuvent changer et le réchauffement final atteint, lorsque le nouvel équilibre énergétique se sera établi, peut être soit supérieur (rétroaction positive), soit inférieur (rétroaction négative) au +1°C initial ; mais, de toute façon, il y a réchauffement. L’estimation de l’ensemble des rétroactions est délicate et varie selon les différents modèles. Le réchauffement final calculé par l’ensemble des modèles se trouve dans une fourchette allant de 1°C à 4°C.

Le doublement de CO2 ne se traduirait pas par un doublement des 50 Watts par m2 lié à l’effet de serre naturel introduit par le CO2, mais par une augmentation de cette quantité d’environ du dixième (4 watts par m2) parce que l’absorption par le CO2 est saturée et n’augmente donc plus de façon linéaire quand on augmente la quantité de CO2.

Evolution climatique

La température moyenne est l’un des paramètres de base du climat. Toutes les causes (naturelles ou anthropiques) qui font changer l’un quelconque des termes (de A à L) qui interviennent dans l’équilibre énergétique de la surface de la Terre impliquent un changement climatique. L’effet de serre est l’un d’eux, relatif aux termes K et I.

A voir aussi : deux autres sites sagascience "Eau douce" et "Climat"

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6 Messages de forum

  • > Température moyenne à la surface de la Terre et effet de serre 7 juillet 2005 12:12, par Hervé Majastre

    Présentation claire et presque complète.

    J’ai une question à poser à Madame Marie-Antoinette Mélières :
    Dans le chapitre Impact de l’activité humaine, elle parle de l’augmentation du CO2, mais un mécanisme thermodynamique plus simple encore agit c’est la pression partielle de l’eau avec la température. Une augmentation de 1°C correspond à une augmentation de 8% de la teneur atmosphérique de l’eau. Comme il est parfaitement exposé l’eau est le premier gaz à effet de serre (+ nuages), ce qui rend négligeable l’effet du CO2. Pourquoi dans les travaux du GIEC, on ne met pas en exergue ce mécanisme, bien plus facile à prendre en compte ?

    Voir en ligne : Température moyenne à la surface de la Terre et effet de serre

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    • > Température moyenne à la surface de la Terre et effet de serre 4 septembre 2006 15:16, par François TATARD 18 rue de l’isle célée 35800 DINARD

      tatardflr@orange.fr
      Pour affirmer connaître la température moyenne de la terre au dixième de degré près, il faut :
      - ignorer la précision des thermomètres
      - considérer comme nulles les conditions météorologiques au moment des relevés
      - estimer négligeable l’influence de l’environnement local
      - Enfin, juger que,de 1855 à nos jours, rien n’a changé en dehors de la température et qu’on a toujours effectué une quasi infinité de mesures simultanées.
      Dans ces affaires climatiques on se demande où sont les scientifiques hors littérature

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  • Température moyenne à la surface de la Terre et effet de serre 9 décembre 2006 16:11, par François TATARD 18 rure de l’isle célée 35800 DINARD

    EFFET DE SERRE - GAZ CARBONIQUE et OXYDE D’AZOTE.

    Du mouvement perpétuel, au"bogue" de l’année, 2000, en passant par la pompe à chaleur, on est arrivé à l’effet de serre. « Des Scientifiques ont dit » c’est la locution préférée de nos informateurs pour propager les pires bêtises.
    Les lois de la physique sont souvent difficiles à comprendre.
    L’équation caractéristique des gaz les imagine parfaits.
    Les lois de Dalton sont souvent mal assimilées.
    Quand à la thermodynamique, elle est si mal perçue qu’au 21éme siècle on peut construire une merveilleuse chaudière atomique, mais ce n’est que pour faire marcher les machines de Denis Papin(1690) ou, mieux, de FULTON. Nos automobiles continueront encore longtemps à utiliser les inventions du 19éme siècle sous le nom de cycle de Beau de Rochas (1862), popularisé par le moteur à quatre temps. L’électronique, en l’améliorant, ne sera jamais qu’un cautère sur une jambe de bois.

    Les Scientifiques de bureau ont encore beaucoup d’avenir dans leurs prévisions qui ne sont étayées ni par des mesures, ni par des statistiques, ni par des expérimentations sérieuses. Leur invention d’effet de serre, provoqué par l’accumulation du DIOXYDE de carbone (avouez que cela a plus d’allure que le gaz carbonique) dans l’atmosphère, les ferait recaler au Certificat d’Etudes Primaires s’il existait encore.
    Sans aller jusqu’à un tel niveau de culture scientifique, limitons au cours moyen des années 1957 et suivantes, notre bibliographie.
    Qu’ils essaient d’extraire le gaz carbonique accumulé au fond d’une cave de fermentation. Ils constateront que pour le soulever il faut complètement le pomper.
    Qu’ils essaient, en soufflant dessus, de le maintenir en suspension dans l’air. Ils verront qu’il est si lourd qu’il retombe en se dissolvant dans la moindre goutte de pluie et dans bien d’autres choses encore.
    A la pression atmosphérique un litre d’eau dissout un litre de gaz carbonique.
    A « n » fois cette pression un litre d’eau va dissoudre « n » litres de gaz carbonique.
    Imaginez ce que peut en absorber l’océan dans ses profondeurs.
    Ce qu’en produisent les industries humaines est ridicule devant les volumes émis par les respirations, les fermentations, les éruptions volcaniques, les calcinations des carbonates de toutes sortes qui constituent une bonne partie de notre planète. Enfin, la consommation du gaz carbonique par les végétaux n’a jamais été mesurée, ni même estimée. Pourtant, c’est la seule source de carbone dont disposent les végétaux pour fabriquer de la cellulose. Vous imaginez tout ce qu’il en faut pour construire un tronc d’arbre.
    Avant d’en faire le « vitrage » de notre atmosphère, il serait bon d’en mesurer sérieusement la réelle concentration en fonction de l’altitude.
    Il en va de même pour ces fameux oxydes d’azote, du « trou » dans la couche d’ozone et de toutes ces billevesées qui ne reposent sur rien. En effet, nos statistiques sur ces questions manquent manifestement d’ancienneté.
    Que dire de cette histoire de niveau des océans qui serait en augmentation ? Est-ce l’eau qui monte ou la terre qui descend ?
    Nos misérables existences ont été, de tout temps, victimes de ces conformismes majoritaires, contre lesquels il faut lutter mieux que des moutons de Panurge.

    Pour ceux qui doutent encore.

    L’azote et l’oxygène sont intimement mélangés pour former l’atmosphère que nous respirons. Leurs densités différentes devraient les dissocier ? Pourquoi n’en serait-il pas de même entre le gaz carbonique et l’air ?

    Constats qui ne sont pas des explications.

    L’eau et l’huile ne se mélangent pas, l’huile moins dense surnage.
    L’eau et l’alcool se mélangent en toutes proportions, malgré des densités différentes.
    Pourquoi ? Si l’on ne veut pas être noyés dans un cours de physique, il faudra nous contenter d’une réponse d’adjudant :

    « C’est comme cela parce que ce n’est pas autrement. »

    Le gaz carbonique n’a aucune affinité avec l’air qui nous entoure. Au maximum, l’air peut en dissoudre trois volumes pour dix milles (3/10000). Au delà de cette concentration, il s’en sépare et « tombe » au fond où tout concourt pour qu’il soit absorbé par l’eau, mais aussi par d’autres minéraux et végétaux.
    Il en va de même du fameux oxyde d’azote que nos automobiles sont accusées de produire à l’excès. Or, le véritable producteur d’oxyde nitreux, c’est l’électricité sous tension élevée. Bien sûr, on en trouve un peu aux électrodes des bougies d’allumage des moteurs à explosion.
    Les aigrettes bleues qui s’échappent des isolateurs des lignes à haute tension en produisent un peu plus. Par temps humide, on en sent l’odeur, qui accompagne le grésillement sonore caractéristique. Il s’y mélange un peu d’ozone qui accentue l’odeur.
    Tout cela ne produit pas grand-chose si on le compare à la puissance énorme de l’éclair en temps d’orage, capable d’en synthétiser des milliers de tonnes.
    Ce gaz nitreux est une bénédiction pour la nature et pour l’homme. Sans lui, il n’y aurait pas de végétation.
    On peut faire, les mêmes constatations avec le gaz sulfureux.
    Gaz carbonique, gaz nitreux et gaz sulfureux, solubles dans l’eau, ne restent pas dans l’atmosphère. Heureusement, s’il n’en était pas ainsi la vie, ne serait pas possible sur terre : nous serions tout asphyxiés. Depuis le temps que l’on consomme l’oxygène de l’air pour faire des oxydations, sa teneur devrait diminuer si l’on poursuit le raisonnement de nos fameux « Scientifiques médiatiques ». On ne l’a jamais constaté et on respire encore.
    Ces trois dioxydes se combinent à l’eau pour donner les acides, carboniques, nitreux et sulfureux qu’on ne peut pas isoler. Ce sont leurs solutions qui ont des caractéristiques acides.
    Contrairement aux autres solutions, ces dioxydes voient leur concentration dans l’eau diminuer quand la température s’élève. Finalement, ils ont tous tendance à être absorbés par le sol.

    Comment pourraient-ils provoquer un effet de serre ? Qui provoque réellement l’effet de serre ? comment le constate-t-on ?

    C’est l’eau dans l’atmosphère qui est à l’origine des nuages. Les propriétés de diffusion des rayonnements par les nuages sont connues du bon sens populaire. Un ciel clair provoque le refroidissement nocturne de la terre. Un ciel nuageux, au contraire, protège des excès du soleil et de la déperdition des calories accumulées par la terre et les eaux.
    Si l’on compare les masses d’eau nuageuse, avec les quelques gaz transparents, qui se diluent en quantités ridiculement petites dans l’atmosphère, on voit bien que tous ces gaz, soi-disant à « effet de serre », ne peuvent avoir aucune influence sur le climat de la planète.

    Les gaz à effet de serre : canular ? Ou imbécillité ?

    Il serait tellement plus satisfaisant que ce soit un canular. Comment analyser les causes réelles de l’imbécillité ?
    Un essai de réponse est apporté par un chiffre.
    Lorsque nous avons demandé à ces fameux « Scientifiques », correspondants attitrés de nos « Reporters », à combien ils chiffraient le réchauffement de la planète, depuis les années 1900, ils ont répondu :

    « La planète a connu, au vingtième siècle, un réchauffement d’un demi degré centigrade »

    Mépriser le calcul d’erreur à un tel niveau, est franchement scandaleux.
    Comment mesurer des températures avec une telle précision ?
    Les conditions de prise de température et les performances des matériels, tant au début du vingtième siècle que maintenant, permettent-elles d’être aussi affirmatif, pour prétendre que le chiffre donné est significatif.
    Aucune élucubration statistique ne peut étayer une telle sottise.

    Même le suffrage universel ne nous permet pas de nous protéger des « maries Chantal » scientifiques, qui ne sont pas moins dangereuses que leurs soeurs en Politique et en Littérature.

    KYOTO ou la mondialisation de la bêtise.

    Les activités industrielles humaines, en y ajoutant les autres occupations des sols, couvrent moins de dix pour cent de la surface terrestre. L’exploitation n’en perce l’écorce que sur une moyenne de quelques centaines de mètres. Les fourmis humaines sont bien prétentieuses quand elles prétendent modifier les climats, par leurs activités minuscules.
    Accuser les Etats-Unis d’Amérique de tous les maux, c’est oublier leur territoire gigantesque.
    Ramenée au kilomètre carré, leur activité industrielle et humaine est bien inférieure à celle de l’Europe.
    On envisage pourtant, sans inquiétude, que la population du globe atteindra rapidement les dix milliards d’individus. Comme toutes les formes de vie, celle de l’homme disparaîtra noyée dans son caca. Dans la fosse morte universelle, quand les hommes verront le niveau des sanies atteindre leur lèvre inférieure, chaque nouvel arrivant provoquera la supplication unanime : « Surtout, pas de vagues ». Les plus grands seraient donc les derniers à disparaître ?
    Cela ne sera pas la conséquence des émissions de gaz carbonique qui s’élimine automatiquement. La vraie source de nuisance et d’autodestruction tient dans une seule phrase de la genèse :

    Croissez et multipliez

    Il faut bien que les choses s’arrêtent un jour.

    Le réchauffement climatique :

    « Sans effet de serre, comment faire pour expliquer le réchauffement climatique ? »

    J’ai déjà dit combien nos statistiques et la précision de nos mesures, dans le temps, étaient insuffisantes pour prouver que le climat se réchauffait. Nos pauvres mémoires sont si courtes qu’elles ont oublié les mois de juin torrides pendant lesquels on « faisait les foins ». Elles ont aussi oublié les étés « pourris », froids et humides avec les récoltes qui pourrissaient sur pied, les épouvantables sécheresses qui décimaient les troupeaux. Pensez donc qu’en 1947 et en 1959 les vignes du Nord ont produit et conduit à maturité des raisins bien sucrés. A Melun le bananier du jardin public a produit un splendide régime de bananes parfaitement comestibles.
    Ces années-là, les vins étaient méconnaissables. Ils étaient si généreux que cela cachait leurs terroirs. Les vins blancs avaient tous le goût de Xérès espagnol et, en Champagne, ils étaient inaptes à la seconde fermentation appelée prisez de mousse. Il fallait les couper (on dit assembler cela fait plus noble) avec des « piquettes » des années antérieures.
    Les vents étaient alors autant de Sud-Ouest que de Nord-Ouest, les tempêtes aussi. On ne parlait pas encore de réchauffement climatique.

    « Mais, cher Monsieur, sans épiloguer sur les mesures thermométriques que vous contestez, la régression des glaciers, la fusion des glaces polaires sont bien en rapport avec une évolution du climat qui ne trouve d’explication que dans l’effet de serre, universellement reconnu. »

    Les glaces qui fondent sont une réalité. Alors ! Qui les réchauffe ?

    Le sens des proportions :

    Il faut remettre les grandeurs à leurs places qui sont toutes relatives. Le monde vivant occupe une « pellicule » du globe terrestre bien mince : à peine un pour mille du rayon de le terre. En volume, cela ne représente que trois pour mille de notre globe. Ramenez cela à un beau pamplemousse de cent millimètres de rayon, cela représente péniblement un dixième de millimètre, soit la peau d’une pomme de terre nouvelle.
    L’astronomie ne signale pas des mouvements du soleil, ni des émissions calorifiques inhabituels. Par contre, les tsunamis, éruptions volcaniques et tremblements de terre se sont distingués ces dernières années. Quand on pense aux sources chaudes d’Islande et d’ailleurs et qu’on observe que les glaciers et les banquises fondent surtout par la base, on peut se demander si ce n’est pas la croûte terrestre qui laisse transpirer un peu plus du feu central si mal connu.
    Une campagne de mesures de la température des sols, tant sur la terre qu’au fond des océans, permettrait d’émettre des hypothèses moins philosophiques que l’effet de serre. Cela prendra du temps et, dans l’attente, on entendra encore de belles âneries.
    Enfin, l’histoire est là qui nous apprend que les vikings appelaient VINE LAND ce que nous appelons encore GROELAND, malgré les glaces et les névés qui recouvrent ce territoire.

    On peut regretter que nos formations intellectuelles nous spécialisent trop en nous enlevant la capacité généraliste de raisonnement scientifique et technique. Les sociétés et académies savantes ont bien failli à leur mission.

    Dinard le 17 Février 2001 –
    François TATARD – 18 rue de l’isle célée

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