Epurer ou purifier ?

Vendredi 18 mars 2005, par Marc Lemineur // L’eau, une ressource à préserver

D’après le petit dictionnaire " Larousse ", épurer, c’est : " rendre pur, plus pur. Exemple : épurer l’eau. " Purifier, c’est : " débarrasser des impuretés. Exemple : purifier l’eau ".

Quand on parle d’épuration des eaux usées urbaines, il n’est pourtant pas question de les rendre pures, mais plutôt d’en retirer le plus de déchets dont on l’a chargée pour les évacuer. Ces définitions du sens commun de ces mots ont l’inconvénient de considérer de prime abord l’eau comme une " matière " et non pas comme un " milieu ".

Epurer les eaux usées des égouts publics, où sont déversées les eaux usées domestiques et les eaux usées industrielles pré - traitées conformément aux autorisations délivrées aux entreprises, c’est plutôt les purifier afin que leur incidence sur la qualité choisie pour l’eau, en tant que milieu naturel aquatique, soit la plus faible possible. L’objectif de l’épuration des rejets est défini par l’objectif de qualité que l’on choisit pour les cours d’eau. Ceux-ci diffèrent actuellement selon les usages de l’eau, définis le plus souvent par des directives européennes qui ont été traduites en droit belge et wallon.

Elles sont exprimées notamment par des valeurs de paramètres physico-chimiques que ne doivent pas dépasser l’eau du milieu considéré. On parle aussi de normes d’immission. Lorsqu’une autorisation de déversement est octroyée pour permettre un rejet, qu’il s’agisse d’un rejet de station d’épuration d’eaux usées résiduaires urbaines ou d’eaux usées industrielles, les valeurs paramétriques imposées au déversement dans le milieu sont appelées des normes d’émission.

Les causes de pollution des eaux naturelles sont de nature chimique et d’origine très variées :

- Les eaux usées des ménages privés : essentiellement des substances biodégradables (graisses, protéines, agents tensioactifs) et des produits chimiques ménagers (composés chlorés entre autres) ;
- Les eaux usées de l’industrie et du commerce : substances aisément et difficilement biodégradables, métaux lourds et composés carboniques,
- La production agricole : par exemple substances nutritives (nitrate, phosphate), etc. et pesticides
- Les polluants atmosphériques : par exemple oxyde d’azote et anhydride sulfureux ;
- Les anciennes décharges : par exemple métaux lourds, hydrocarbures ;
- L’utilisation de substances dangereuses pour l’eau ;
- La navigation : déversements de pétrole ; et
- les constructions hydrauliques.

Les eaux usées ménagères et industrielles sont traitées dans les stations d’épuration publiques et privées.

La base de la politique de protection des eaux est le principe de l’émission. Des taux d’émission unique selon l’état de la technique sont posés comme critères minima pour les rejets d’eaux usées. Cela garantit la meilleure protection de base possible des eaux contre les sources ponctuelles.

Pour pouvoir protéger les eaux contre les pollutions résultant de sources diffuses et contre les effets toxiques possibles des pollutions résiduelles après le traitement des eaux usées, on peut appliquer aussi, à titre complémentaire, en cas de besoin, des taux d’immission adapté au besoin de protection.

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