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Les biocarburants

jeudi 28 décembre 2006, par Christophe Magdelaine

Le bioéthanol (en substitution de l'essence)

 

Il s'agit d'un alcool produit par la fermentation des sucres contenus dans les plantes riches en sucre (betteraves, topinambours, canne à sucre...) ou en amidon (pomme de terre, céréales) ou dans les plantes ligneuses (bois, paille...). Le rendement énergétique est tout juste positif pour le bioéthanol : 1.15 lorsqu'il est produit à partir du blé, 1.65 à partir de la betterave. Ce rendement peut s'améliorer nettement si les sous-produits (paille de blé, pulpes de betteraves) sont utilisés comme combustibles par exemple dans l'unité de fabrication de l'éthanol.
On peut aussi produire un éther dérivé de l'éthanol : l'ETBE (éthyl-tertio-butyl-éther) qui est issu de la betterave et du blé, et réservé aux moteurs à essence.
Au Brésil, depuis les années 70, une grande partie du parc automobile (plusieurs millions de véhicules) est alimentée avec de l'éthanol extrait de la canne à sucre.

 

L'ester d'huile végétale

 

Il améliore l'indice d'octane du moteur c'est à dire son pouvoir détonant, de plus, il y a plus d'oxygène dans l'alcool et la combustion est meilleure bien que l'éthanol ait un pouvoir calorifique inférieur à celui de l'essence.
Le rendement énergétique de l'ester atteint 2 et s'améliore nettement, dépassant 5, si l'on utilise l'énergie contenue dans les sous-produits (apille, tourteaux de colza...)

 

L'ester méthylique d'huile végétale (en substitution du gazole) ou diester

 

On peut brûler dans un moteur soit de l'huile végétale (colza, tournesol, soja, arachide...) soit des esters d'huile.
L'ester présente deux avantages sur les huiles brutes : moindre viscosité et meilleure aptitude à s'auto-enflammer dans le moteur. Le carburant qui se dévelope actuellement est l'ester méthylique d'huile de colza ou de tournesol c'est à dire le diester.
Le biodiesel, introduit en France à raison de 1% dans le diesel vendu aux pompes grand public, est un mélange de gazole et de diester. Ainsi, la France est le deuxième producteur européen de diester.

Selon un écobilan diffusé par l'ADEME, chaque tonne de diester utilisé à la place du gazole économise 2,2 tonnes d'équivalent CO2.

 

Dans le monde

 

La production de biocarburants (éthanol et biodiesel) a dépassé les 33 milliards de litres en 2004, c’est à dire 3% des 1 200 milliards de litres d’essence consommés sur la planète. L’éthanol a fourni 44% de tous les carburants (non diesel) pour véhicules automobiles consommés au Brésil en 2004 et a été mélangé avec 30% de toute l’essence vendue aux Etats-Unis (REN21, 11/2005).

Depuis 25 ans, le Brésil est en tête des pays du monde qui font la promotion des biocarburants. Toute l’essence vendue doit être mélangée à de l’éthanol et toutes les stations services doivent aussi bien vendre de l’éthanol pur, que des mélanges à base d’éthanol. A l’instar du Brésil, l’autorisation de combiner les biocarburants et les carburants automobiles a été votée dans au moins 20 états et provinces du monde ainsi que dans deux pays : la Chine et l’Inde (REN21, 11/2005).

 

En France

 

Actuellement, les biocarburants (éthanol, méthanol et biodisiel) ne sont incorporés qu'à hauteur de 1% dans l'essence et le gazole. Cependant, pour le gazole, le gouvernement français s'est engagé à introduire d'ici à 2010 jusqu'à 7% de biocarburant, au delà des objectifs de la commission européenne (5,75%).
Pour ce faire, il est prévu le doublement de la production de biocarburants et la création de 4 usines d'une capacité de 200 000 tonnes.

Les huiles végétales, de tournesol ou de colza bio, à première pression à froid sont reconnues depuis décembre 2002 comme des biocarburants par l'Union Européenne et bénéficient donc d'une totale exonération de la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP).

En 1999, les surfaces cultivées pour la production de biocarburants en France atteignaient :
  • 308 000 hectares pour le Colza
  • 62 000 ha pour le Tournesol
  • 18 000 ha pour le blé
  • 12 000 ha pour la betterave.

 

Domaines d'application

 

Le biogaz, une fois épuré de son CO2, de son eau et de son hydrogène sulfuré H2S est quasiment identique au méthane comprimé ou Gaz Naturel pour Véhicule (GNV). L'autonomie est réduite mais les polluants atmosphériques rejetés sont faibles avec un bruit limité, ce qui en fait un carburant idéal pour les transports urbains.