Pour une légalisation contrôlée des drogues

Jeudi 12 mai 2005, par Adelo // Faut-il légaliser les drogues douces ?

60 % des jeunes de 15-16 ans disent consommer quelques fois du cannabis, et c’est compter sans nous, toutes générations qui avons suivi les années 60. Il y a longtemps que l’affirmation "tout le monde fume" n’a plus rien d’une provocation. Il est même devenu irresponsable de continuer à réprimer des pratiques devenues traditionnelles et qui jouent désormais un rôle de cohésion sociale, avec les vains excès des politiques prohibitionnistes et de la criminalisation des drogues.

Depuis plus de 30 ans la prohibition des drogues nous est présentée comme une guerre sainte car nécessaire contre un ennemi immonde : la drogue. A grand renfort de plans successifs spectaculaires et très coûteux pour éradiquer les plantes à drogue de la planète ainsi que ses usagers, les états se sont investis dans une voie idéologique répressive où l’usage de drogue, plutôt que simplement inhérent à la nature humaine, est considéré comme un produit à engraisser marchés parallèles et marchés sécuritaires (la prohibition est un mauvais investissement historique !). Ici même où l’on vend l’alcool à tous les coins de rue, où des psychotropes sont remboursés par la sécu, on ne tolérera pas l’amateur de fleur de cannabis. Pour celui-ci, considéré au mieux comme un malade, au pire comme un criminel, la loi prévoit les mêmes dispositions qu’en matière de terrorisme.

C’est parce que nous désirons une société pacifiée sur la question des drogues que nous voulons reconnaître leur existence et assumer ensemble la responsabilité de leur usage dans un soucis de responsabilité, de liberté et de justice. C’est tout le courage que n’ont pas les responsables politiques qui est incriminé dans ce conflit des pensées toutes faites et partisanes, souvent démagogiques et hypocrites. C’est un débat qui nécessite que nous soyons adultes et responsables.

Une politique des drogues pragmatique

La prohibition n’est pas une constante historique : c’est une idéologie inventée au début du 20èm siècle aux USA, exportée largement et verrouillée par des traités internationaux dès le années 60. Elle fut définitivement installée en France en 1970 par les lois sur les stupéfiants.

Toutes les expériences prohibitionnistes furent des échecs sinon des catastrophes sanitaires et sociales sans jamais inverser la courbe toujours croissante des usages et des échanges de drogue.
Depuis 30 ans, nous subissons une propagande éhontée faite pour couvrir les effets pervers du système prohibitionniste. Malgré son inefficacité, son coût et ses applications cruelles, on continue à alimenter les fantasmes sécuritaires qui mènent à la criminalisation arbitraire d’une partie de la population, qui sèment misère et injustice à travers le monde.

Les drogues légales, l’alcool, le tabac (...) sont des drogues nocives dont la réglementation est nécessaire pour la santé publique. Il doit en être de même pour toutes les drogues. Légalisé, leur usage sera accompagné d’une information exhaustive et de messages de prévention clairs, des lieux pourront être ouverts à leur consommation, production et trafic seront réglementés et contrôlé, les usagers à problèmes pourront être secourus.

Aujourd’hui il n’existe plus de raison de continuer à interdire et punir l’usage de drogue plutôt que de travailler à la mise en place d’une réglementation à la française dont nous voulons être fiers. Réclamons-là à nos élus !

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3 Messages de forum

  • Lorsque j’étais "jeune" j’habitais à la ville. En ville pour pouvoir consommer de la drogue douce il fallait payer donc cela réduisait considérablement la consommation et faisait que je n’en consommer que de façon extraordinaire. Aujourd’hui je vis à la montagne et j’ai découvert qu’ici la drogue douce ne coûte rien car il suffit de la planter. Vous pouvez imaginer le résultat !!! Les consommateurs de drogue douce ne se contentent plus de situations particuliéres, c’est tout le temps... Trois pétards dans la journée pour eux c’est tout à fait raisonnable. J’en ai vu qui le temps d’une visite fumait pétard sur pétard. J’ai partagé 4 ans de ma vie avec l’un d’eux et c’est en constatant le changement total de mon caractère, de ma personnalité, ma fatigue latante, mon Jean-foutisme, mes réactions associables, mon incapacité à mon concentrer sur mes lectures ou à comprendre des informations nouvelles simples que je n’ai plus crue en la notion de drogue douce. Mon ex (puisque j’ai dû faire le choix) qui consomme de cette façon depuis plus de trente ans croit que son associabilité, ses besoins d’extrêmes font partis de son caractére, de sa personnalité. En fait sa consommation de drogue douce lui a oté toute forme de personnalité car c’est elle qui dirige son cerveau, il ne vit que par ses effets. Quelle gaspillage de vie !!! Nous ne sommes plus a l’époque des tranchées, une vie est une vie, et de faire croire, de faire passer l’idée que le cannabis est une drogue douce et sans danger je trouve cela aussi monstrueux que de justifié qu’on a besoin de la prostitution, chaque individu est une personne à par entiére, on n’a pas le droit de leurs faire croire que tout va bien pour eux. Ce sont des sacrifiés à la cause des petits consommateurs qui doivent payer leur consommation. Avez vous pensé à eux pour affirmer que le cannabis est une drogue douce ??? J’aimerai par ce site débattre avec vous de ce sujet car je suis un exemple vivant et sincére sur ce sujet. Si vous refusez je considérerais que vous n’étes qu’un beau parleur sans aucun scrupule.

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    • Pour une légalisation contrôlée des drogues 6 septembre 2006 12:28, par JMZ

      La drogue ça n’existe pas en tant que tel, c’est du comportement et non du produit. Il n’y a donc pas plus de drogue douce que de drogue dure, si ce n’est dans la puissance des effets ! Par contre, il y a des consommateurs raisonnés, et des consommateurs "pathologiques".

      C’est plus facile pour l’état de diaboliser le produit et de diffuser des messages pour simples d’esprit ! C’est une autre histoire de prendre un problème dans toute sa dimension ... Interdiction complète de l’alcool, des psychotropes médicamenteux et du tabac, ou légalisation pénale de l’usage de "drogue" ...

      C’est aussi une allégorie de la liberté de choix de vie ...

      Ciao

      JMZ

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    • C’est dommage pour ton ex, mais s’il n’est pas capable de consommer intelligemment et raisonnablement, c’est son problème à lui personnellement. Après tout, l’alcool est légal et la grande majorité des gens sont capable d’en boire une fois de temps en temps sans que leur vie ne soit affecté.

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