Pour la suppression des subventions aux associations anti-racistes
Vendredi 1er juillet 2005, par // Le Blog de DDN
Certaines actions menées par des organisations anti-racistes créent plus de problèmes qu’elles n’en résolvent. Pour intégrer il faut disposer d’un cadre stable et respecté. Les étrangers doivent être valorisés. Au contraire l’on constate que des anti-racistes mettent en avant les étrangers dont le comportement est le plus contestable. Des étrangers sont ainsi qualifiés de sans-papiers. Cette qualification peut être considérée comme fallacieuse. En effet les étrangers en question avaient des papiers, qu’il s’agisse de visas, de titres de séjour ou de récépissé de demande d’asile. Ils connaissaient de ce fait la date de la fin de l’autorisation du séjour dont ont leur refuse la reconduction. Cette autorisation non renouvelée, ils prennent sciemment le risque d’être dans l’illégalité. L’expression « étrangers illégaux » traduit mieux la réalité de la situation. L’expression sans-papiers transforme, elle, une transgression de la loi en privation d’un droit. Cette façon de présenter la situation d’étrangers illégaux a l’inconvénient de valoriser des étrangers qui veulent imposer leur présence sans l’autorisation des gouvernants représentatifs du peuple. De plus les Français d’origine étrangère ainsi que les étrangers en situation régulière sont victimes d’un effet pervers produit par la non-expulsion des étrangers illégaux. Faute de mettre en œuvre la police de l’immigration on devient plus exigeant à l’égard de leurs familles restées à l’étranger lorsque ces dernières demandent des visas. En effet l’on pense qu’une fois en France ces personnes peuvent être tentées de devenir des illégaux qui essayeront de se faire qualifier de sans-papiers afin d’obtenir des cartes de résident. De plus sont parfois présentées comme instituant un délit de solidarité les dispositions du code pénal créant le délit d’aide au séjour irrégulier. Le législateur qui prend ces mesures dans le but précis de rendre efficace sa politique d’immigration est de ce fait montré comme sanctionnant la solidarité. On le présente comme étant inaccessible au sentiment humain le plus élémentaire. La preuve de cette inaccessibilité est complétée par les parallèles explicites ou implicites qui naissent lors d’expulsion d’étrangers illégaux. Ces expulsions sont parfois assimilées aux opérations de déportation organisées durant la deuxième guerre mondiale. Ainsi des associations de défense des étrangers présentent les gouvernants d’un pays démocratique comme prenant des décisions moralement condamnables, assimilables à celles décidées par des dirigeants de régimes totalitaires. Une égalité est créée entre régimes démocratiques et système totalitaire, niant la spécificité de ces derniers. Régulariser les sans-papiers reviendrait à accepter que quiconque arrivant illégalement en France dispose d’un droit d’installation définitif. Aucune politique d’intégration n’est concevable dans ces conditions. Ce sont les étrangers en situation régulière ou les Français d’origine étrangère qui feraient les frais de l’application de ces théories. Le militantisme déployé pour obtenir la suppression de la double peine, disposition qui permet, en complément de la peine principale, d’expulser du territoire les étrangers délinquants notoires, porte aussi préjudice aux étrangers. Cette double peine est en effet justifiée. Le fait d’être délinquant ne peut être un motif pour obtenir ou voir prolonger une autorisation de séjour. Mais surtout la double peine permet d’assurer la protection des étrangers qui résident dans notre pays et en respectent les lois. Les étrangers délinquants donnent des arguments à ceux qui mettent en avant le lien entre délinquance et présence étrangère afin de déprécier celle-ci. Par contre la mise en œuvre de la double peine prévient tout amalgame entre les étrangers honnêtes et les autres. Elle valorise de ce fait les étrangers sérieux, facilite leur intégration et par-là permet l’atténuation des tensions raciales. De plus le lien unissant un individu à un territoire constitue l’attribut le plus fondamental de la citoyenneté. C’est dénaturer celle-ci que d’accorder cette propriété à des étrangers sous prétexte qu’ils sont délinquants. La double peine a été en partie supprimée sous la pression des associations. Cette décision du législateur est regrettable. Les actions d’associations sont complétées par la diffusion d’une nouvelle symbolique. Certaines ont choisi le drapeau « Blacks, Blancs, Beurs » qui fait référence à l’origine ethnique ou raciale des individus. Le drapeau tricolore est lui sans ambiguïté. Les hommes bleus ou rouges n’existent pas. Le blanc du drapeau ne fait pas référence à une race mais à un système de pouvoir, la monarchie. Avec le drapeau tricolore on peut venir de tout horizon et être Français. Avec le drapeau " Blacks, Blancs, Beurs" on ne peut pas être Français et d’origine asiatique. On applaudit au slogan « touche pas à mon pote » alors qu’il constitue un appel à soutenir tous ceux que l’on juge semblable à soi. Il manifeste l’inverse de ce qui fait le fondement de la citoyenneté, la reconnaissance par des gens différents de l’existence d’un destin qui leur est commun. Mais par contre on veut interdire à tout Français de se dire "de souche". On poursuit en justice un Préfet ayant affirmé que les gitans vivent de rapines alors que la solution au problème particulier ne peut venir d’une saisine de la justice pour racisme mais de celui de l’étude des moyens d’existence des gitans et des mesures à prendre pour les intégrer. Alors qu’une partie notoire de la délinquance de voie publique est le fait de Français issus de l’immigration, que le trafic de drogue est essentiellement entre les mains de Français maghrébins, les associations vilipendent toute personne s’interrogeant sur l’existence d’un lien entre délinquance et immigration. Elles qualifient trop facilement toute volonté des défenseurs de la société de sanctionner efficacement des délinquants d’atteinte au droit de l’homme, toute intention de réprimer des délinquants issus de l’immigration de racisme. C’est pourtant la réalité du lien immigration-délinquance qui complique l’intégration des Français d’origine étrangère, en particulier de ceux qui sont issus de nos anciens protectorats et colonies. Cette sur-délinquance est parfois présentée comme résultant de la discrimination dont est victime cette population. En fait seule une infime partie de celle-ci s’adonne à la délinquance, mais avec une telle constance que cela devient un problème social central. Une des causes actuelles du racisme c’est la visibilité de cette délinquance qui incite malheureusement à jeter l’opprobre sur tous nos concitoyens issus de l’immigration et plus particulièrement sur ceux originaires de notre ancien empire colonial. Là se trouve pour partie la source des interdits professionnels qui frappent certaines personnes ethniquement marquées. Ces personnes ethniquement marquées, on tente par ailleurs de les enfermer dans leur condition. Aucune critique n’émane des associations anti-racistes au sujet des chansons racistes diffusées par tel ou tel groupe de jeunes issus de l’immigration. Nul débat ne vient contrarier ceux qui chantent "nique ta mère". Ce serait pourtant l’occasion pour les organisations anti-racistes de rappeler le proverbe arabe : "Soit poussière sous les pas de ta mère car le Paradis est là où elle pose son pied". Mais cela aurait pour conséquences d’amener les Français à porter un regard positif sur leurs concitoyens issus des anciennes colonies. Tel n’est sans doute pas la priorité de beaucoup d’anti-racistes. On constate depuis peu la diffusion de théories affirmant qu’un néo-colonialisme serait à l’œuvre au sein de la société française. Ce néo-colonialisme serait destiné à maintenir les nouveaux arrivants à part de la Nation. Ces théories ont en fait pour objet de tenter d’enfermer les jeunes de l’immigration dans le statut d’infériorité qui était celui de leurs grands-parents. On veut les empêcher de s’accepter Français, sans doute pour mieux les utiliser. Faute de faciliter l’intégration des associations anti-racistes proposent de mauvaises solutions. Donner le droit de vote aux immigrés lors des élections locales serait une erreur. En effet la modification du corps électoral des municipales et des autres élections locales faites en y adjoignant des étrangers non communautaires mettrait ces derniers en position d’arbitre de consultations se gagnant à la marge. Accorder ce droit de vote créerait automatiquement des tensions entre Français et étrangers non communautaires. La mise en œuvre d’une telle mesure est plus propre à semer la discorde qu’à favoriser l’intégration, alors que les conditions pour devenir Français, et donc pouvoir légitimement voter à toutes les élections, sont parmi les plus souples au monde. De plus notre pays accepte la bi-nationalité. Devenir national est donc une possibilité largement ouverte et constitue le meilleur instrument d’intégration. Le préserver nécessite de ne pas morceler les attributs qui lui sont liés. Alors que le fait de devenir Français confère une appartenance qui a pour avantage de mettre au second plan l’origine, la race ou la religion, la discrimination positive préconisée par certains rendrait obligatoire la mise en avant de l’origine raciale ou religieuse de chaque individu. Les enfants des couples mixtes seraient inclassables. On ne saura s’il faut ou non faire bénéficier de mesures de faveurs les individus de type arabe mais à nom français ou, à l’inverse, les personnes de type européen mais à nom arabe. De plus si la discrimination positive est mise en place on sera tenté de compter les délinquants, les assistés, les chômeurs, selon leur origine. Dans les divers métiers il faudra déterminer qui occupe les postes. Chez les journalistes par exemple, compter le nombre d’ arabes, de juifs, de protestants, de noirs. La discrimination positive nécessite la mise en place d’une politique raciale méticuleuse. Plus qu’encourager l’intégration certaines associations de lutte contre le racisme ont tendance à cultiver le ressentiment des nouveaux arrivants. Dans les années 20 lorsque les Arméniens sont venus se réfugier en France, aucune association ne les a incités à descendre dans la rue pour protester contre le quolibet dont ils étaient victime : « Arméniens tête de chien ». Aucune association ne les a détournés du seul objectif valable, l’intégration dans leur nouveau pays. Aujourd’hui certaines organisations sous couvert de louable lutte contre le racisme ont mis en avant les étrangers délinquants, aggravant le fossé qui sépare les étrangers des Français. Elles ont dévalorisé les gouvernants, le législateur et instillé dans la société des concepts se substituant à celui de citoyenneté. Elles ont de ce fait affaibli le système démocratique et compliqué l’intégration des étrangers. Leurs actions consistant trop souvent à vouloir démontrer que leurs concitoyens sont des racistes n’ont pas permis de diminuer les tensions raciales. Cet activisme a, de plus, remisé au second plan les vrais débats sur l’école, la police, la justice, l’assistanat. Les actions de la plupart des associations anti-racistes ne servent, au mieux, à rien. Au pire ces actions sont contre-productives. Il serait temps que les pouvoirs publics réfléchissent afin de savoir s’ils doivent continuer à considérer comme des interlocuteurs valables les organisations anti-racistes, et s’ils doivent continuer à leur verser des subventions.