Chirac - banlieues : une réponse d’énarque

Lundi 14 novembre 2005, par iFRAP // Le Blog de DDN

Devant la crise profonde des banlieues, le président applique une fois de plus la recette apprise à l’ENA et qui lui a permis de différer pendant tous ses mandats, les vraies solutions : il crée un comité ou pire un organisme public. Comme le rappelle Denis Jeambar dans "Accusé Chirac levez-vous" (Seuil), c’est déjà Chirac dans son premier poste ministériel, secrétaire d’Etat aux affaires sociales qui en 1968, alors que la barre des 300.000 chômeurs vient d’être franchie, choisit de ne pas lutter pour créer des emplois mais "ne songe qu’à panser les plaies du chômage, approche plébéienne qui consiste à placer une partie du peuple en état d’assistance. Chacun pour soi, l’Etat pour tous". Il crée donc l’ANPE, qui ne cessera d’être pour les 40 ans qui vont suivre l’alibi derrière lequel se cachent les politiques mais deviendra "le cimetière de l’emploi" (n° 45 des dossiers de l’iFRAP ; 1996).

Au fil d’une longue carrière, c’est un Chirac, modelé par l’ENA, qui n’a cessé de développer l’Etat Providence, cet Etat qui s’occupe de tout et multiplie les machins pour cacher qu’il n’ose affronter l’essentiel, les vraies réformes et de nous conduire vers notre "destination inévitable, celle d’être essentiellement un parc de loisirs pour les Chinois" (Wall Street Journal, 11.11.05).

Ainsi, il répond à la crise des banlieues en faisant créer une nouvelle agence publique pour relever le défi de l’égalité des chances, qui va "coordonner les dispositifs accumulés et dispersés entre ministères" et "faciliter le financement des actions pour les populations en difficulté" (Le Figaro 11.11.05).

Un peu plus de saupoudrage d’argent public, une hausse corrélative des prélèvements, des entreprises qui vont disparaître, car plus les charges augmentent plus elles ferment.

Est-ce une surprise ? N’oublions pas que c’est Chirac lui-même qui a stoppé la seule mesure capable de relancer l’emploi : une disposition présentée par le sénateur Marini et votée par la Commission des Finances du Sénat poussant ceux qui ont encore de l’argent, les assujettis à l’ISF, à investir leur argent dans des créations d’entreprises en leur permettant de déduire une partie de cet investissement de leur ISF, au lieu de placer cet argent dans des collections d’œuvres d’art, exemptées.

Tant que l’énarchie restera toute-puissante en contrôlant l’exécutif et en écrasant le législatif, tant que le Parlement restera sans pouvoir (voir article suivant), tous les facteurs que nous avons dénoncés sur ce site iFRAP-2007, l’incapacité des dirigeants à formuler une politique de création d’emploi ou à contrôler la dépense publique, le gaspillage de nos élites, continueront d’interdire les vraies réformes, et la France poursuivra son déclin.

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