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Le réchauffement climatique : un débat qui dérange

mardi 5 décembre 2006, par Cécile Philippe

Il est difficile sinon impossible de ne pas rapprocher la sortie du film d’Al Gore en Europe et la colère de certains climatologues français à l’égard de Claude Allègre. Le film Une vérité qui dérange est acclamé alors qu’on essayait de discréditer Claude Allègre pour avoir osé se montrer sceptique à l’égard de l’origine humaine du réchauffement global : « La cause de cette modification climatique est inconnue. Est-ce l’homme ? Est-ce la nature ? » Dès sa publication, la chronique de M. Allègre a déchaîné une véritable tempête au sein des centres de recherches et des media. On a ainsi appris que plusieurs climatologues avaient envoyé le 3 octobre 2006 une lettre de protestation à l’Académie des sciences, à l’Institut national des sciences de l’univers (INSU), au Ministère de la recherche ainsi qu’à l’Express. On lui a reproché explicitement de jeter le discrédit sur tous les chercheurs qui travaillent sur ces thèmes et d’instiller le doute sur des sujets sur lesquels le consensus semble de mise. Cette vague de protestation fut ensuite relayée par la campagne médiatique qui a entouré le lancement du film d’Al Gore. Mieux que les critiques, elle a balayé les propos du sceptique Allègre en scandant le discours bien connu de l’urgence.

Ces deux événements illustrent ce que dénonce le climatologue Richard Lindzen dans un article pour le Wall Street Journal du 12 avril 2006, à savoir que les tenants du réchauffement global d’origine humaine cherchent à éviter tout débat sur la question, faisant ainsi croire qu’elle serait résolue. Le climatologue est d’avis que les trois affirmations généralement acceptées dans la communauté scientifique – la température moyenne du globe a augmenté d’environ un degré depuis la fin du XIXe siècle ; les niveaux de CO2 dans l’atmosphère ont crû d’environ 30% sur la même période ; et le CO2 devrait contribuer à un réchauffement futur – ne sont ni une raison de s’alarmer, ni une preuve de la responsabilité de l’homme pour le réchauffement qui a déjà eu lieu. Cette responsabilité est aussi remise en cause par un certain nombre de chercheurs au Canada, en particulier par Ian Clark, professeur en hydrogéologie et paléoclimatologie à l’Université d’Ottawa. Ces chercheurs pensent, en effet, que le réchauffement serait principalement le résultat d’une activité solaire plus importante. Ils ont notamment montré que le cycle de réchauffement et de refroidissement de notre planète correspond avec un petit décalage au cycle de l’activité solaire. Il n’est pas facile de se lever contre ce qui confine aujourd’hui la climatologie à l’alarmisme. Il faut être ancien ministre et l’un des scientifiques français les plus titrés pour oser braver l’interdit et ne pas céder à la peur et à l’intimidation. On ne peut donc que se réjouir des propos d’un Claude Allègre qui s’élèvent contre cette fièvre alarmiste et rappellent au public que le débat sur le changement climatique et ses origines est loin d’être clos. Il est temps d’avoir un véritable débat non seulement sur le réchauffement climatique, mais aussi sur les moyens visant à le limiter, comme le protocole de Kyoto. .