Nicolas Sarkozy : l’inquiétant autoritarisme
Mardi 27 mars 2007, par // L’identité nationale en question
Nicolas Sarkozy a, pendant des années, utilisé ses fonctions ministérielles comme des faire-valoirs personnels en travaillant inlassablement devant des médias complaisants l’image d’un homme d’Etat implacable, aux solutions simples, radicales et définitives. Ses formules, à type de slogan publicitaire, sont dans toutes les mémoires : ils étaient faits pour cela. Ce ne sont pas celles de la démocratie, mais celles des chefs d’Etat autoritaires. « Dès demain, on va nettoyer au Kärcher la Cité des 4000 ». « On va vous débarrasser de cette racaille ». Rodomontades qui s’accompagnaient comme chez tous les démagogues d’une exaltation du courage personnel du chef : « combien y a-t-il de responsables à pouvoir se montrer sur la dalle d’Argenteuil à minuit ? » Evidemment, rien n’a changé depuis lors, si ce n’est que les actes de violences, toujours en hausse, sont tus par les médias et que le « chef » n’ose plus paraître en banlieue sans un long et minutieux déminage du terrain.
L’autoritarisme de Nicolas Sarkozy ne se lit pas que dans ses discours. Sous la férule du ministre de l’intérieur, nous sommes entrés peu à peu dans un état où la police a pris une place dramatiquement inquiétante préfigurant ce meilleur des mondes qu’il nous promet. Ce n’est évidemment pas un hasard si le directeur de campagne du candidat de l’UMP est le fidèle directeur national de la Police Nationale, Claude Guéant. La France a connu une augmentation sans précédent du nombre de gardes à vue depuis cinq ans sans aucun effet sur la montée de la violence. 530 000 en 2006 ! 40 000 de plus chaque année. Les fichiers de police se sont tellement multipliés et étoffés que la police elle-même n’arrive plus à les gérer et qu’ils fourmillent d’erreurs. Le ministre a dû renoncer provisoirement au carnet de comportement dès 3 ans pour les enfants présentant des « troubles du comportement », au fichier des personnes hospitalisées d’office, ou au fichage ethnique, mais il a réussi à créer les fichiers municipaux pour les enfants qui font l’école buissonnière, et d’innombrables fichiers pour les étrangers ou ceux qui les aident, les hébergent ou les accueillent. Les Renseignements généraux, forts de leurs 800 000 fiches et dossiers, dirigés par un autre fidèle du ministre, sont devenus une police politique chargée des surveiller les opposants (Bruno Rebelle par exemple). La prison, comme toutes les institutions de surveillance, joue un rôle majeur dans le projet de société de Nicolas Sarkozy. Nous sommes passés de 48 000 à 60 000 détenus en 5 ans. La surpopulation et l’inhumanité des prisons françaises sont dénoncées dans le monde entier. Avec le projet de peines-plancher auquel le candidat est farouchement attaché nous atteindrions très vite les 100 000 détenus.
La brutalité de la politique du ministre de l’intérieur est patente dans sa lutte contre l’immigration qui exploite sans vergogne la xénophobie. La chasse aux étrangers, femme ou enfants, scolarisés ou non, est unanimement dénoncée dans son inhumanité par l’ensemble de la société civile. Le ministre de l’immigration et de l’identité nationale rappelle les heures sombres de Vichy.
La répression est la solution universelle de Nicolas Sarkozy aux problèmes profonds de notre société. La violence de cette réponse est à l’image de la brutalité de l’homme politique qui s’est exprimée à maintes reprises dans sa gestion de la police ou ses rapports avec les médias. Le projet de Nicolas Sarkozy, c’est un état autoritaire sous la botte d’un homme politique avide de puissance ajoutant la violence à la violence.