
Dans les mois qui viennent, le Conseil européen décidera s’il ouvre ou non les négociations d’adhésion avec la Turquie. Or, la Turquie est un pays complexe, aux identités multiples, ce qui permet aux partisans et aux opposants de son entrée dans l’Europe de se déchirer sur la nature de son appartenance européenne, du fait de sa géographie, de son histoire, de sa culture et de sa population, largement musulmane. Le point sur la question dans ce dossier...
Un récent voyage dans l’est de la Turquie aura surtout été l’occasion de consolider mon opinion sur l’adhésion de ce pays à l’Union Européenne, en la passant au crible de la négation institutionnelle du génocide arménien. Il a fallu qu’un ami glisse dans mon sac de voyage l’ouvrage de référence d’Yves Ternon (1) pour que, prenant connaissance de ces massacres sur les lieux-mêmes où ils ont été commis , je me rende compte de l’étendue du (...)
Le Conseil National de l’UMP s’est réuni le 6 mars à Paris pour adopter à plus de 90% des voix la motion sur la ratification du traité établissant une Constitution pour l’Europe et pour réaffirmer l’opposition à l’adhésion de la Turquie en lui préférant la formule de partenariat privilégié. Cette formule magique au sujet des relations avec la Turquie est plaidée depuis l’été par les opposants à l’adhésion de la Turquie, à tel point qu’elle a (...)
Le débat sur l’adhésion de la Turquie européenne et la volonté des opposants dissimulent en réalité une mécanique idéologique qui dépasse grandement la question de l’islamité de la Turquie, ou de son appartenance ou non au continent européen, ou des questions migratoires supposées être identiques dans une quinzaines d’années à ce qu’elles sont supposées être, concernant les Turcs, aujourd’hui.
C’est la revendication d’un référendum par les (...)
« La Turquie, vous connaissez ? », telle était, il y a quelques années, l’interrogation lancée par une affiche du Ministère turc du tourisme et de l’information qui vantait les attraits touristiques du pays. Les Turcs se plaignent volontiers d’être peu ou mal connus à l’étranger : le slogan publicitaire est révélateur. A l’instar du pays qu’ils ont quitté pour l’Europe occidentale, la population immigrée originaire de Turquie souffre souvent de la (...)
La candidature de la Turquie à l’Union européenne fait couler de plus en plus d’encre et suscite le débat, en France particulièrement. L’opinion publique est ballottée entre une information volontairement tronquée et des clichés surannés sur le Turc. Beaucoup d’arguments utilisés restent passionnels, d’autres sont ouvertement biaisés et xénophobes. Mais ils peuvent parfaitement suffire à travailler une opinion publique déjà suspicieuse sur (...)
Souvent invoquée dans le débat public, la question des opinions publiques va devenir un enjeu croissant dans l’actualité qui s’annonce autour de la candidature de la Turquie à l’Union européenne (UE). En dépit d’une faible mobilisation lors des dernières élections européennes, malgré les tentatives d’une partie de la classe politique française de promouvoir la candidature turque en enjeu de campagne, celles-ci risquent fort cependant d’occuper le devant (...)
Quelle Europe ?
Pour aborder la question épineuse de l’intégration de la Turquie dans l’UE, essentielle à notre devenir et surtout à celui des générations qui nous suivent, il convient de se poser la question : vers quelle Europe nous dirige-t-on ? En se plaçant à l’extérieur du débat, on colle ainsi à la réalité : les peuples et les quidams qui les composent ne sont pas associés aux débats sur le destin de l’Europe. Nous devrons attendre fin 2005 pour donner (...)
1. Il existe aujourd’hui parmi les 15 un consensus sur l’ « éligibilité » de la Turquie
1.1. La Turquie entretient avec l’UE des liens anciens
1.1.1. L’accord d’association de 1963
La CEE a conclu avec Ankara un accord d’association prévoyant un renforcement des relations commerciales et économiques. Un protocole additionnel ajouté en 1970 a fixé un objectif d’union douanière.
1.1.2. Les promesses
Cet accord n’a jamais débouché sur une (...)
Au sommet de Copenhague de décembre 2002 qui entérinait le cinquième élargissement de l’Union, le Conseil européen fixait l’échéance de décembre 2004, pour décider de l’ouverture des négociations avec la Turquie. Un mois avant le sommet, le Président de la Convention européenne chargée de rédiger la future constitution de l’UE, Valéry Giscard d’Estaing estimait que l’adhésion turque signifierait « la fin de l’Union européenne ! ». En disant tout (...)
Depuis le sommet de Luxembourg où l’Union s’est engagée au cinquième élargissement de son histoire, ses relations avec la Turquie sont marquées par une montée des tensions que certains n’hésitent pas à qualifier de crise. Exclus du groupe des onze candidats à l’adhésion (PECO+Chypre), les Turcs ont décliné l’invitation de l’UE à la Conférence européenne de Londres et rompu le dialogue politique. Cette crise provoquée se distingue de celles qu’on (...)
Au sommet de Copenhague de décembre 2002 qui entérinait le cinquième élargissement de l’Union, le Conseil européen fixait l’échéance de décembre 2004, pour décider de l’ouverture des négociations avec la Turquie. Un mois avant le sommet, le Président de la Convention européenne chargée de rédiger la future constitution de l’UE, Valéry Giscard d’Estaing estimait que l’adhésion turque signifierait « la fin de l’Union européenne ! » [1] En disant tout (...)
La Turquie est le premier des 13 pays en attente d’intégration dans l’UE (Slovénie, Hongrie, Slovaquie, Tchéquie, Pologne, Pays baltes, Malte, Chypre, Roumanie, Bulgarie et Turquie) à avoir déposé sa demande d’entrée dans l’organisation européenne (CEE puis UE). Ainsi la première demande de candidature a été présentée en 1963. Celle-ci a été formalisée après le retour de la démocratie dans le pays en 1987. Depuis la Turquie attend la mise en place effective de (...)
Depuis plusieurs décennies, la Turquie affiche et revendique haut et fort sa « vocation européenne ». Toutefois, le lobbying que les dirigeants turcs cherchent à exercer auprès des pays membres de l’Union européenne (UE) se résume à un point : militer en faveur de l’adhésion de la Turquie à l’Union. Toutefois, cet objectif n’est pas si simple, ni anodin. Il faut en effet prouver l’appartenance géographique, économique, culturelle et politique de la Turquie à (...)
Bref rappel chronologique concernant la marche de la Turquie vers l’Europe.
12 septembre 1963. Accord d’association entre la Turquie et la CEE.
1980-1986.« Gel » de l’accord d’association à la suite du coup d’État militaire.
Avril 1987. La Turquie pose officiellement sa candidature à l’UE.
Décembre 1989. La Commission rejette cette demande, considérant que l’adhésion pose des problèmes économiques et politiques. (...)
Malgré les déclarations du HADEP (Parti de la démocratie du Peuple) - représentant politique des Kurdes en Turquie - qui se réclame en faveur de l’intégration de la Turquie dans l’Union Européenne, il semble que les Kurdes d’Europe boudent le message de leurs compatriotes restés au pays.
Bien au contraire ces derniers temps, le PKK en Europe multiplie les déclarations visant à troubler les relations entre la Turquie et les pays européens ou incitant les Kurdes de Turquie (...)
Décembre 2002
Un Conseil européen traite à Copenhague, à la mi-décembre, de la candidature de la Turquie à l’Union européenne.
À quelques semaines de cette échéance, Valéry Giscard d’Estaing, président de la Convention sur l’avenir de l’Europe, a lancé un pavé dans la mare en déclarant que l’adhésion de la Turquie signerait « la fin de l’Union ».
Son opinion est partagée par des personnalités éminentes de tous les camps, y compris Hubert Védrine, (...)
Le 17 décembre 2004, le Conseil européen devra prendre une décision cruciale dont dépendra l’avenir de l’Europe et de la France. Les chefs d’État et de gouvernement des États membres de l’Union européenne décideront à cette date s’il faut ou non ouvrir les négociations d’adhésion avec la Turquie. Le problème, c’est qu’ils doivent prendre leur décision sur la base d’un rapport et d’une recommandation de la Commission, attendue pour (...)
On commence à parler en France de la candidature de la Turquie à l’intégration à l’Union Européenne. Il était temps, alors que j’en entends parler en Turquie depuis que j’ai commencé à comprendre quelques mots de turc, c’est à dire depuis dix-huit ans. Et les Turcs ne m’ont évidemment pas attendue pour s’intéresser à l’Europe. La première fois c’était par des amis de Pazariçi, un gecekondu d’Istanbul. Autant dire qu’il ne (...)
Il est certain que dans les capitales musées de l’Europe Occidentale et dans celles de la ligne de front historique de l’Autriche aux Balkans, la Turquie européenne signifie plus cette bande de territoire du détroit du Bosphore que l’ « Ottoman », le « Turc » n’a pas encore
rendu à la très chrétienne Europe, ni à la très orthodoxe Grèce.
On n’oublie pas non plus que Milosevic le Serbe est la quintessence nationaliste d’une vision quelque peu ethnique de (...)
La Turquie : un pays... du « Grand Moyen-Orient » (21/08/2004)
Depuis 1963, quand a t-on demandé l’avis des peuples (tant europeens que turcs) pour l’adhesion de la Turquie a l’Union europeenne ?
Oui, la Turquie n’a que 3% de son territoire « europeen ». Oui, la Turquie etait le « Porte-avion » de l’OTAN, et des Etats-Unis du temps de la guerre froide, et de la menace sovietique.
Mais la geopolitique a change. Le « dessous des cartes » s’est peu a peu (...)
Loin de commencer par consulter les citoyens de l’Union et de débattre des limites de l’Europe, les dirigeants européens ont envisagé, lors du sommet de Copenhague de décembre 2003, d’entamer les négociations d’intégration de la Turquie dans l’Union européenne dès décembre 2004, à la seule condition qu’elle procède à certaines réformes démocratiques, sans exiger qu’elle libère les prisonniers politiques kurdes, que ses troupes quittent le nord de (...)
Toujours pas de réponse à la question de Chypre
Le secrétaire général des Nations-Unis a en effet, soumis un nouveau plan de règlement aux deux partis concernés : la Grèce et la Turquie. La première a répondu assez rapidement alors que la Turquie se fait désirer...Ce plan de l’ONU résulte d’un partage territorial de Chypre en deux entités réunies en un état fédéral. Sur ce sujet M. Erdogan, ne veut pas précipiter sa réponse en vue du sommet de Copenhague mais il a toutefois (...)
On voit bien aujourd’hui, alors que les Etats-Unis se préparent à envahir l’Irak, malgré les réticences et les oppositions de leurs alliés, que ce qui est en jeu, dans la question turque, c’est d’abord l’indépendance de l’Europe.
Les Etats-Unis d’Amérique font plus que d’insister lourdement auprès de la Commission et des Etats membres de l’Union européenne pour que l’Europe s’élargisse à l’est jusqu’au Tigre et à (...)
L’entrée potentielle de la Turquie dans l’Union européenne provoque une intensité de débats déconcertante pour un auditeur non averti du problème. Il faut tout d’abord savoir que, quoi que les institutions européennes et les chefs de gouvernement décident, la candidature de la Turquie a d’ores et déjà été acceptée, même si la date de l’entrée comme membre à part entière est encore en discussion. Cela s’est fait au sommet d’Helsinki en 1999 : (...)
Soyons clairs. La Turquie a toute légitimité pour se dire « européenne ». Elle l’est historiquement et géographiquement : le berceau de la sagesse grecque, les conciles fondateurs du christianisme se trouvaient sur le territoire de l’actuelle Turquie. Elle l’est économiquement et géopolitiquement : reste d’un des trois « Empires centraux européens » dépecés à la fin de la Première guerre mondiale, elle est totalement intégrée aux circuits de production-consommation (...)